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Mise en forme et tableaux

Ce que ce chapitre apporte

  • Distinguer le contenu d'une cellule de son format d'affichage.
  • Appliquer le format qui convient à la nature de la donnée : nombre, monétaire, pourcentage, date.
  • Choisir entre un format et la fonction ARRONDI selon ce qui doit changer.
  • Transformer une plage en tableau structuré, et énumérer ce que cela apporte.
  • Trier et filtrer sans désolidariser les lignes.
  • Se servir du tri comme d'un contrôle de qualité des données.
Un tableau de données brutes, tout gris, est difficile à lire. La mise en forme ne sert pas qu'à faire joli : elle guide l'œil et rend une colonne compréhensible d'un coup. Mais l'apport principal de ce chapitre est ailleurs, dans une distinction que presque personne ne fait au début : ce qu'une cellule contient et ce qu'elle affiche sont deux choses différentes. Confondre les deux produit des erreurs de calcul silencieuses.

Le format ne change pas la valeur

Ce qui est affiché n'est pas ce qui est calculé
Une cellule qui contient 3,14159 et qu'on met au format « deux décimales » affiche 3,14. Elle contient toujours 3,14159, et c'est cette valeur-là qui entre dans les calculs.
Conséquence directe : une colonne de montants arrondis à l'affichage peut donner un total qui ne correspond pas à la somme de ce qu'on lit. Rien n'est faux, mais tout le monde s'en inquiète.
Pour arrondir vraiment, il faut la fonction ARRONDI, qui modifie la valeur. Le format, lui, ne fait que masquer des décimales.
La règle : le format pour la lisibilité, ARRONDI quand la valeur elle-même doit changer.
B5fx
ABC
1MontantFormat seulAvec ARRONDI
2101010
3101010
4101010
5Total30,0130
6   

B5 contient la formule =SOMME(B2:B4), et affiche 30,01. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.

Trois montants identiques. La colonne B les recopie, la colonne C les arrondit pour de bon. Les trois cases affichent 10, et les deux totaux ne sont pas les mêmes : celui de gauche vaut 30,012 et s'affiche 30,01, celui de droite vaut exactement 30. Le premier additionne les valeurs réelles, le second les valeurs arrondies. Sur une facture, l'écart se voit ; sur dix mille lignes, il devient un litige.

Les formats utiles

FormatCe qu'il faitRaccourci
Nombresépare les milliers, fixe les décimalesCtrl + Maj + !
Monétaireajoute le symbole, aligne les montantsCtrl + Maj + $
Pourcentagemultiplie l'affichage par 100 et ajoute %Ctrl + Maj + %
Dateaffiche un numéro de série comme une dateCtrl + Maj + #
Texteempêche toute interprétationpar le ruban
Le format pourcentage multiplie l'affichage par cent
Une cellule qui contient 0,2 mise au format pourcentage affiche 20 %. La valeur reste 0,2, et c'est bien elle qu'il faut employer dans les calculs : =A1*0,2, ou mieux =A1*$B$1.
L'erreur classique est de taper 20 dans une cellule déjà au format pourcentage. Le tableur affiche alors 2 000 %, et toutes les formules qui l'emploient sont fausses d'un facteur cent.
Le contrôle : cliquer sur la cellule et lire la barre de formule, qui montre la valeur réelle et non son habillage.

Le tableau structuré

Tableau structuré

Sélectionner une plage et appuyer sur Ctrl + L la transforme en tableau structuré : un objet nommé, que le tableur reconnaît comme un ensemble cohérent.

Quatre choses qu'un tableau structuré apporte gratuitement
Les filtres apparaissent sur chaque en-tête, sans rien faire.
Les formules se propagent. Écrire une formule dans une cellule de la première ligne la recopie automatiquement sur toute la colonne, et sur les lignes ajoutées ensuite.
Les plages s'étendent toutes seules. Un graphique ou un tableau croisé fondé sur ce tableau intègre les nouvelles lignes sans qu'on y touche.
Les formules deviennent lisibles. =SOMME(Ventes[Montant]) se comprend sans ouvrir le fichier, là où =SOMME(D2:D847) ne dit rien et devient faux dès qu'une ligne est ajoutée.

Trier et filtrer

Le tri sur une seule colonne détruit les données
C'est l'accident le plus courant et le plus définitif du tableur.
Sélectionner une seule colonne et la trier réordonne cette colonne seule. Les noms ne suivent plus les notes, les prix ne suivent plus les articles, et rien ne le signale : le tableau reste parfaitement présentable, il est simplement faux.
Les parades sont au nombre de deux, et il suffit d'en appliquer une. Convertir en tableau structuré, qui rend l'accident impossible. Ou cliquer dans une seule cellule avant de trier, sans rien sélectionner : le tableur prend alors le bloc entier.
Si l'accident est arrivé et qu'on l'a enregistré, il n'y a plus de retour en arrière.

Le tableau ci-dessous se trie en cliquant sur les en-têtes, et met en évidence ce que le chapitre 2 décrivait.

ArticleCatégoriePrixStockFournisseur
1Clavierinformatique25,9012Alpha
2Sourisinformatique12,5040Alpha
3Écran 24informatique149,005Beta
4Chaisemobilier89,008Gamma
5BureauMobilier249,003Gamma
6Lampemobilier·22Beta
7Casqueinformatique79,9015Alpha
8Tapisinformatique9,9040Alpha
9Étagèremobilier119,0040Gamma
10Sourisinformatique12,5040Alpha
11Webcaminformatique45,00·Beta
12FauteuilMobilier320,002Gamma
valeur manquante2libellé incohérent2relevé tronqué4ligne en double1

12 lignes affichées sur 12, 8 portant au moins un défaut. Cliquer sur un en-tête pour trier : c'est le geste qui fait remonter les anomalies ensemble.

Douze articles. Trier sur « Catégorie » fait apparaître les deux « Mobilier » avec une majuscule, qui compteront comme une catégorie distincte. Trier sur « Stock » regroupe les quatre valeurs à 40, qui sont un plafond suspect. Et la dernière ligne « Souris » est une saisie en double.
Ce que le tri révèle et qu'aucune moyenne ne montre

Trier une colonne est le geste de contrôle le plus rentable qui existe, parce qu'il rassemble les anomalies.

Les cases vides se retrouvent toutes ensemble, en haut ou en bas selon le sens.

Les libellés incohérents se placent côte à côte : « mobilier » et « Mobilier » deviennent voisins et sautent aux yeux.

Les valeurs impossibles se retrouvent aux extrémités : un âge négatif, un prix à sept chiffres, une date en 1899.

Les accumulations suspectes forment un bloc : quatre stocks exactement à 40 sur douze articles ne doivent rien au hasard.

Exercices type

Une colonne de montants affiche `10` sur trois lignes, et le total affiche `30,01`. Le fichier est-il faux ?

Non, et c'est même le comportement normal.

Les cellules contiennent 10,004 et sont affichées arrondies. L'affichage masque la troisième décimale, mais c'est bien 10,004 qui entre dans la somme : trois fois cela fait 30,012, affiché 30,01.

Rien n'est faux, mais personne ne le croira sur parole. Deux réponses possibles.

Laisser tel quel et expliquer, si la précision compte.

Arrondir vraiment avec =ARRONDI(A2;2), qui modifie la valeur et non son habillage. Le total tombe alors sur 30,00, au prix d'une précision perdue.

Sur une facture, la seconde s'impose. Sur des mesures, la première.

Quelle différence entre le format « deux décimales » et la fonction `ARRONDI` ?

Le format change l'affichage, ARRONDI change la valeur.

Une cellule au format deux décimales contenant 3,14159 affiche 3,14 et calcule avec 3,14159.

=ARRONDI(A1;2) produit une nouvelle valeur qui vaut exactement 3,14, et c'est elle qui entre ensuite dans les calculs.

Le choix se fait sur une question simple : la précision perdue doit-elle disparaître pour de bon ? Sur un montant à facturer, oui. Sur une mesure ou un résultat intermédiaire, non, parce que les arrondis successifs s'accumulent.

Une cellule au format pourcentage affiche `2 000 %`. Qu'a-t-on tapé ?

On a tapé 20 dans une cellule déjà au format pourcentage.

Le format pourcentage multiplie l'affichage par cent. Une valeur de 0,2 s'affiche 20 % ; une valeur de 20 s'affiche 2 000 %.

Toutes les formules qui emploient cette cellule sont donc fausses d'un facteur cent, sans qu'aucun message ne le signale.

La correction : retaper 20% avec le signe, ou 0,2 sans lui. Et le contrôle général, valable partout : cliquer sur la cellule et lire la barre de formule, qui montre la valeur réelle.

Pourquoi ne jamais trier une seule colonne ?

Parce que les autres colonnes ne suivent pas, et que le tableau devient définitivement faux sans que rien ne le signale.

Trier la colonne des notes en ayant sélectionné elle seule réordonne les notes ; les noms restent à leur place. Chaque élève se retrouve avec la note d'un autre. Le tableau paraît impeccable.

Deux parades, et une seule suffit. Convertir en tableau structuré avec Ctrl + L, ce qui rend l'accident impossible. Ou cliquer dans une seule cellule avant de trier, sans rien sélectionner : le tableur prend alors le bloc entier.

Une fois l'accident enregistré, il n'y a pas de retour en arrière.

Qu'apporte un tableau structuré qu'une simple plage n'apporte pas ?

Quatre choses, sans rien coder.

Les filtres apparaissent tout seuls sur chaque en-tête.

Les formules se propagent : écrite une fois, une formule descend sur toute la colonne, y compris sur les lignes ajoutées plus tard.

Les plages s'étendent : les graphiques et tableaux croisés qui s'appuient dessus intègrent les nouvelles lignes automatiquement.

Les formules deviennent lisibles : =SOMME(Ventes[Montant]) se comprend sans ouvrir le fichier, et reste juste quand des lignes s'ajoutent, là où =SOMME(D2:D847) devient faux.

Le raccourci est Ctrl + L, et il n'y a pratiquement aucune raison de s'en priver.

Comment repérer rapidement les défauts d'une colonne fraîchement reçue ?

En la triant, dans les deux sens.

Le tri rassemble les anomalies au lieu de les disperser. Les cases vides se groupent à une extrémité. Les libellés incohérents comme « mobilier » et « Mobilier » deviennent voisins. Les valeurs impossibles apparaissent aux extrêmes. Les accumulations suspectes, comme quatre stocks exactement à 40, forment un bloc visible.

Aucun résumé statistique ne montre cela : une moyenne ne dit rien d'une majuscule mal placée, et un écart-type ne voit pas un doublon.

C'est le geste de contrôle le plus rentable du tableur, et il coûte un clic.

Vérification rapideon peut se reprendre

1.Une cellule contient 3,14159 et l'affiche comme 3,14. Que vaut-elle dans un calcul ?

2.Une cellule au format pourcentage affiche 2 000 %. On a probablement tapé…

3.Trier une seule colonne sélectionnée…

4.Que fait Ctrl + L sur une plage de données ?

5.Quel est le geste le plus rentable pour contrôler une colonne reçue ?

La méthode

  1. Avant toute mise en forme, cliquer sur une cellule et lire la barre de formule : elle montre la valeur réelle, sous l'habillage.
  2. Choisir le format d'après la nature de la donnée : Ctrl + 1 ouvre la boîte, monétaire pour un montant, pourcentage pour un taux, date pour une date.
  3. Saisir un taux avec son signe (20%) ou sous sa forme décimale (0,2), jamais 20 dans une cellule déjà au format pourcentage.
  4. Employer ARRONDI quand c'est la valeur qui doit changer, et laisser le format s'occuper du seul affichage.
  5. Convertir la plage en tableau structuré avec Ctrl + L avant tout tri, filtre ou graphique.
  6. Ne jamais sélectionner une seule colonne avant de trier. Cliquer dans une cellule quelconque du bloc suffit à ce que le tableur prenne le bloc entier.
  7. Trier chaque colonne reçue dans les deux sens : vides, doublons, libellés incohérents et valeurs impossibles se rassemblent aux extrémités.
  8. Enregistrer avant de trier un fichier qui n'est pas en tableau structuré. Un tri désolidarisé ne se défait plus une fois le fichier refermé.

Synthèse

  • Le format change l'affichage, jamais la valeur ; seul ARRONDI change la valeur.
  • Un total qui ne correspond pas à la somme des montants affichés n'est pas faux : il est arrondi ailleurs.
  • Le format pourcentage multiplie l'affichage par cent ; taper 20 au lieu de 0,2 fausse tout d'un facteur cent.
  • La barre de formule montre toujours la valeur réelle, sous l'habillage.
  • Le format se choisit selon la nature de la donnée : nombre, monétaire, pourcentage, date, texte ; Ctrl + 1 les donne tous.
  • Un tableau structuré (Ctrl + L) apporte filtres, propagation des formules, plages extensibles et formules lisibles.
  • Trier une seule colonne désolidarise les lignes, sans avertissement et sans retour possible.
  • Cliquer dans une seule cellule avant de trier suffit à ce que le bloc entier suive.
  • Trier une colonne est le contrôle le plus rentable : il rassemble vides, doublons, libellés incohérents et valeurs impossibles.

Mettre en pratique